L’Alhambra de Grenade

Demblée, un choix douloureux sest imposé à notre rédaction à la seule évocation de lopportunité de consacrer dans ce premier numéro, un dossier à L’ALHAMBRA de GRENADE: fallait-il réaliser, par nos propres soins, un reportage étoffé sur un sujet réputé difficile ou bien nous en remettre à la bibliographie abondante déjà consacrée à ce patrimoine de lhumanité. Après de multiples contacts et recherches, la raison l emportant sur lambition, nous nous sommes convaincus dopter pour un éclairage classique mais de premier plan et de première main, dont loriginalité est de navoir pas été traduit de lEspagnol à notre connaissance. Cet ouvrage de référence dont nous vous présentons des extraits choisis, constitue à nos yeux, un précieux témoignage de par la fonction privilégiée exercée par son auteur sur le site-même de lALHAMBRA, la pertinence de son analyse et la justesse des différentes interprétations et lectures de lhistoire quil nous propose

Dautres décryptages viendront enrichir ce dossier. Ils traiteront notamment du Généralife, tout aussi auréolé de sa renommée universelle et entourée de ses mystères insondables. A commencer par les différentes traductions, parfois contradictoires, de son appellation et signification.

Derniers vestiges de la présence arabo-islamique dans l’Andalousie espagnole, les palais de la dynastie Nasrides (1232-1492) perpétuent encore aujourdhui la réputation mondiale de l’Alhambra, un lieu mythique pour son architecture et ses jardins majestueusement déployés. Dés lors, il nest pas fortuit de relever que le talent et l’ingéniosité propres aux concepteurs de cet héritage mondial puisent leur symbolique dans le registre du sacré. Dans la civilisation musulmane en effet, le jardin évoque le paradis (Jannah en arabe. Le livre saint de lIslam, le Coran, fait lui-même référence à cette identification dans ses textes, à cette métaphore qui vise l’harmonie universelle. Il y est dit : Voilà ceux qui seront les plus proches de Dieu, dans les jardins du délice : il y aura une multitude parmi les premiers et un petit nombre parmi les derniers arrivés. (Coran, sourate 56, versets 11 à 14)
De nos jours encore, les jardins de l’Alhambra, comme prémunis des aléas du temps par une grâce divine, exercent cet attrait poétique des délices promis aux plus vertueux parmi les hommes pour atteindre la paix porno suprême.
Forte de cette conviction religieuse, la dynastie des Nasrides va ainsi en 1237 et pour deux siècles et demi, faire de cette capitale dun royaume arabe, un laboratoire où se développeront les greffes dune culture et dun génie civilisationnels. L’empreinte la plus significative reste sans aucun doute lAlhambra de Grenade dont l’environnement enneigé des contreforts de la Sierra Nevada va la doter de réserves deau considérables et favoriser ainsi lexubérance de ses jardins. A ce don du ciel viendra sajouter la créativité des ingénieurs arabes de l’époque.