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Parution : Le moniteur

publié le 15 oct. 2010 à 05:46 par Administrateur web RFCP   [ mis à jour : 26 oct. 2010 à 10:51 ]

La construction en paille révèle ses atouts

Jean-Louis Toumit | 11/10/2010 | 12:30

Les préoccupations environnementales stimulent l'intérêt pour ce matériau isolant d'origine végétale. La parution de règles professionnelles va faciliter sa reconnaissance et sa mise en œuvre dans les constructions.

La protection de l'environnement, la recherche d'économies d'énergie et d'une meilleure isolation thermique provoquent un intérêt croissant pour les matériaux isolants à base de fibres végétales. La paille, en bottes, est l'un d'entre eux mais les acteurs convaincus de ses atouts doivent encore vaincre les réticences sur les qualités et les performances du matériau. Les doutes devraient être en partie levés avec la parution cette année de règles professionnelles rédigées par le Réseau français pour la construction en paille, sous la houlette du chercheur Luc Floissac (voir encadré).

La construction en paille n'est pas une nouveauté ; elle a débuté à la fin du xixe siècle aux États-Unis, où un cadre réglementaire existe tout comme au Canada, en Allemagne, en Autriche et en Biélorussie. En France, une maison construite en 1921 à Montargis est toujours occupée et en bon état. Après une expérimentation réalisée dans le Jura avec le soutien de la FFB et de l'Ademe, les projets commencent à se concrétiser. Par exemple, une école, une usine de plantes médicinales, un centre de ressources de 1200 m2 et une salle de réunion municipale dans les Deux-Sèvres, premier bâtiment public en paille, sont déjà édifiés.

Une résistance rassurante

Pour assurer leur résistance à l'humidité, les bottes de paille doivent être totalement sèches au moment de leur mise en œuvre. Leur durabilité à l'eau dépend de leur protection (enduit, bardage) contre le ruissellement, les remontées capillaires, les infiltrations. Leur durabilité à la vapeur d'eau dépend de la perméabilité des parements. Des bottes bien compressées  : 100 kg/m3) ne sont pas attaquées par les rongeurs ni par les termites. Par ailleurs, classée B-s1, d0 (Euroclasse au feu), la paille est peu inflammable et brûle très mal. Enfin, avec 30 millions de tonnes produites en France chaque année, ce matériau ne risque pas de poser de problème de ressource. Ainsi, en utilisant 5 % de la paille de céréales, on pourrait isoler tous les logements français.

Pour une mise en œuvre optimale, le terrain doit être bien drainé et le bâtiment de préférence exposé au sud. Le soubassement doit être exempt d'humidité. L'ossature peut être métallique ou en béton mais elle est le plus souvent en bois. Il est facile de bâtir une maison à un étage et même d'aller plus haut. Un immeuble R  5 existe au Québec. L'enveloppe en paille doit être sans trous pour éviter les ponts thermiques. Une attention particulière doit être portée aux parements. À l'extérieur, sous la forme de bardages (ventilés) ou d'enduit à la chaux (avec ou sans grillage de renfort), à l'intérieur avec un enduit en terre (argile). Un débord de toiture n'est pas toujours nécessaire, le plus important étant d'éviter le ruissellement par le haut et le rejaillissement en pied de mur. Attention également au point singulier que constituent les appuis de fenêtres où se localise un risque d'infiltrations. Les réparations (remplacement d'une botte, ré-enduisage.) s'effectuent sans difficulté particulière surtout dans le cas d'une construction sèche.

Formation indispensable

Les seuls freins au développement de la construction en paille sont sûrement les désordres consécutifs à une mauvaise mise en œuvre. C'est la raison pour laquelle il est indispensable d'instruire des formateurs et des entreprises. Heureusement, les entreprises qui se lancent dans la construction en paille ont souvent une expérience du bois et des problèmes générés par l'eau et l'humidité. Enfin, la parution des règles professionnelles devrait participer à la professionnalisation de la construction en bottes de paille.


Source : Internet Le moniteur
Parution dans l'Annuel Technique Moniteur du 21/05/10


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