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HLM en bois et paille: une première dans les Vosges

publié le 11 juil. 2013 02:56 par Administrateur web RFCP


Un immeuble de huit étages, bâti en bois et en paille, à Saint-Dié-des-Vosges - Jean-Christophe Verhaegen - AFP/Archives

Un immeuble de huit étages, bâti en bois et en paille, à Saint-Dié-des-Vosges Jean-Christophe Verhaegen

"C'est la maison des trois petits cochons, construite avec du bois, de la paille et de la tuile. Et pourtant, elle est solide", sourit l'architecte d'un immeuble HLM de huit étages, dans les Vosges, le plus haut jamais construit avec ces matériaux et qui ne craint ni le grand méchant loup, ni les incendies...

Si le procédé n'est pas nouveau, il est inédit à cette échelle. La construction bois et paille était jusqu'alors réservée à des bâtiments bas, "maximum trois ou quatre étages", indique le directeur du Toit vosgien, un bailleur social installé à Saint-Dié, à l'initiative du projet.

Pour ce double bâtiment labellisé "éco construction" et ultra basse consommation, le chantier ne doit durer que douze mois, grâce à un système de préfabrication de 700 caissons en bois, dans lesquels la paille est hermétiquement enfermée, et qui sont empilés pour constituer les façades.

"Les avantages des constructions bois sont désormais bien connus: ça n'est pas plus cher, ça réagit mieux aux secousses sismiques, alors que nous sommes ici sur une faille, et ça permet un chantier plus propre", souligne le directeur du Toit vosgien, Jean-Marc Gremmel.

La paille, "un matériau indéfiniment renouvelable, et ce intégralement chaque année", constitue un excellent isolant, explique l'architecte, Antoine Pagnoux.

Mais quid de l'incendie? "Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le bois comme la paille carbonisent, et le charbon devient un isolant. Du coup, les deux vont mieux résister au feu", selon l'architecte, qui vante par ailleurs un chantier "propre et rapide", sans temps de séchage.

Une technique prometteuse

La technique, prometteuse, a pris son essor après des premiers tests réalisés en 2004, qui ont permis la construction de bâtiments recevant du public dès 2006.

En 2009, de nouvelles études concernant la résistance au feu réalisées par le Centre scientifique et technique du bâtiment avaient convaincu la commune d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) de construire un vaste groupe scolaire, mais de (seulement) deux étages.

L'établissement de règles professionnelles validées par l'Agence Qualité Construction (AQC) a fini d'ouvrir la porte des assurances et garanties décennales aux constructeurs. En France, on estime désormais le nombre de maisons paille à 3.000, dont 700 bâtiments.

"La seule difficulté, c'est qu'il faut travailler longtemps en amont, avec des gens compétents. Nous voulions faire simple et reproductible. Pour l'instant, c'est réussi", s'enthousiasme l'architecte, qui doit livrer les 26 logements T3 et T4 pour décembre.

L'autre exploit de cette résidence tiendra dans ses performances énergétiques: là où les locataires d'un logement social construit dans les années 70 paient parfois jusqu'à 150 euros par mois pour le seul chauffage, le bailleur social promet des charges mensuelles de... 10 à 15 euros.

"En plus de la pompe à chaleur et des capteurs solaires thermiques, on essaye de récupérer un maximum de calories sur l'extraction d'air et les évacuations d'eau, ce qui permet au locataire d'avoir un niveau de charges très, très faible", résume l'architecte, qui a choisi un bardage tuile, "peu cher, esthétique, très isolant et facile d'entretien".

Dans cet immeuble dont les toits seront recouverts de panneaux photovoltaïques et dont les logements sont tous exposés plein sud, les douches auront un bouton poussoir pour limiter la consommation d'eau. Un écran de contrôle de toutes les énergies sera présent dans chaque foyer, un four basse consommation et des plaques à induction seront en série et l'ascenseur sera "à récupération d'énergie".

"Le bilan de la construction est positif de 1.100 tonnes de CO2. A titre de comparaison, une construction du même bâtiment en solution béton et polystyrène, ce serait un bilan négatif de 600 tonnes de CO2", assure Jean-Marc Gremmel. Il affirme avoir déjà reçu la visite de plusieurs constructeurs, et "réfléchit" à de futurs bâtiments similaires.

© 2013 AFP

La construction paille a son plateau technique en région Centre

publié le 28 mai 2013 07:51 par Administrateur web RFCP


La construction paille a son plateau technique en région Centre : une première en France

Venez vous initier à la construction en paille, grâce à une plateforme de formation dans le Cher qui va être inaugurée le 15 juin. Pratique, technique, réglementaire, ce site unique en France permet de mettre en oeuvre en toute sérénité vos projets, que vous soyez artisan, architecte, élu, enseignant, ou autoconstructeur...

La Ligue de l’Enseignement du Cher et l’association APPROCHE-Paille vous proposent de découvrir le nouveau plateau technique FORMAPAILLE, unique en France, sur la construction en paille. Il est situé à Graçay, dans le Cher, sur le centre des Grands Moulins. 
C
e plateau sera inauguré le samedi 15 juin en présence de Gilles Deguet, vice-président du Conseil régional du Centre.

Cette plate-forme propose des formations à de nombreux publics sur une ou plusieurs journées.

Le site des Grands Moulins à Graçay dans le Cher, dont la vocation est de promouvoir les démarches de développement durable, est le lieu d’accueil de cette plateforme. L’équipe pédagogique propose des formations d’une journée ou de plusieurs jours. Elles sont modulables en fonction des publics.

La plateforme est accessible à tout organisme, avec ses propres formateurs. A défaut, Les Grands Moulins sont en mesure de faire des propositions de formation, notamment sur l’étanchéité à l’air, l’isolation des parois, sols, toitures, en dépassant les obligations réglementaires et les demandes BBC (bâtiments basse consommation).

Lors des travaux théoriques et pratiques, les stagiaires peuvent apprendre à gérer l’interface entre les parois, les menuiseries, entrées et sorties d’air, pour atteindre les seuils réglementaires de performances énergétiques avec plusieurs techniques conventionnelles et écologiques d’étanchéité à l’air.
Il peut être abordé lors de ces sessions les règles professionnelles, et l’indispensable nécessité du travail entre corps de métier sur l’étanchéité de la construction, de savoir lire des rapports spécifiques techniques.

Afin de proposer une plate-forme permanente ouverte et visitable par tous les professionnels ou étudiants en région Centre, les murs paille resteront montés. Ils seront démontés avant chaque nouvelle formation afin de les mettre à disposition des stagiaires sur site. 

Construite par le lycée Jean-de-Berry, la plateforme a été conçue par Guy Janvrot, conseiller technique à la Ligue de l’Enseignement du Cher, et Jean-Baptiste Thévard, co-fondateur de l’association APPROCHE-Paille, entrepreneur social en éco-construction, formateur Propaille et conseiller technique auprès des maîtres d’ouvrage, maitres d’oeuvre, professionnels et autoconstructeurs.. à la demande du Conseil régional du Centre dans le cadre institutionnel de l’Appel à Projet Praxibat. La Ligue de l’Enseignement du Cher a été le maître d’ouvrage.

 

Les Grands Moulins à Graçay (Cher) : l’ancienne minoterie reconvertie à la formation sur les enjeux énergétiques

Les Grands Moulins de Graçay ont servi de minoterie au début du 20ème siècle.
Abandonnés, ils ont été rachetés par la Commune dans les années 90. Leur réhabilitation a demandé des investissements importants. Les bâtiments ont été entièrement rénovés, mis aux normes pour pouvoir accueillir différents publics.
Les locaux sont restés propriété de la commune. Ils sont constitués de 4 salles de cours, une salle informatique, un restaurant, 21 chambres d’une capacité de 56 lits.
La Ligue de l’Enseignement du Cher, sensibilisée aux enjeux énergétiques et à l’urgence d’agir dans ce domaine en direction des jeunes et des adultes, développe depuis l’ouverture du centre en 2007 des activités sur le développement durable.

Après 6 ans d’activité d’animation, de sensibilisation et de formation sur des thèmes aussi variés que l’eau, l’écologie, le marais, le bien être, la construction bioclimatique ou l’éco-citoyenneté, après la création d’un centre de démonstration sur les énergies renouvelables.
Après la mise en place d’une formation à l’éco-construction au moyen du kit MAPECO, la formation à la construction en paille à l’échelle des professionnels devenait inévitable.

 
 
 

 En savoir plus sur le plateau technique


Le plateau s’articule autour de six modules successifs (2,50 m de long chacun et 3 m de haut) installés en série. L’ossature bois a été privilégiée dans tous les cas avec trois techniques différentes qui sont celles les plus couramment utilisées en région.

Les modules se présentent dans l’ordre suivant :
 
Deux modules (composés de 2 murs et d’un angle, avec une porte et une fenêtre insérées) sur la technique du GREB  : c’est un système constructif composé d’une double ossature en bois où les bottes de paille sont introduites pour être recouvertes ensuite d’un mortier coulé.
 
Deux modules poteaux-poutres (15 par 15 cm avec poutres à chaque extrémité et des tasseaux entre chaque niveau pour maintenir les bottes de paille) : un premier module qui utilise les techniques du torchis (ossature intermédiaire – pose de bottes et enduit) et de l’enduit ; un second module de type colombage (sur 1,20 colombage avec des éclisses) et l’autre moitié, un mètre vingt à remplir avec des tasseaux qui vont servir d’accroche, avec une moitié en terre et l’autre moitié "terre-paille" banchée avec enduit par dessus (des bouchons de paille sont introduits pour compléter).

La technique du colombage permet d’avoir une structure de maison constituée d’un ensemble de montants et de traverses en bois mais de plus faibles sections, peu espacés qui forment un cadre sur lequel on vient fixer des panneaux à base de bois qui assurent à l’ensemble une exceptionnelle rigidité. On dispose, entre les montants et les traverses, la paille qui permet à cette technique d’offrir d’excellentes performances thermiques et acoustiques.
Le mur ainsi constitué reçoit ensuite un revêtement intérieur (plaques de plâtre, lambris…) et un revêtement extérieur (bardage bois, panneaux, pierre, brique, enduit…). Le second module insère une porte et une fenêtre.
Deux modules en DTU 31-2 de type plate-forme (dans le principe de construction d’ossature bois avec des petites sections). Des poteaux sont espacés de 60 cm avec une seule section de bois de 45 cm/145 cm où sont glissées des bottes de paille. Le second module insère une porte et une fenêtre.
 
Sur ces modules seront appliquées, selon les demandes, la préparation et l’application d’enduits en recouvrement ainsi que les finitions avec contreventements, pare-pluie...

Article Actu Environnement, la construction bois/paille prend de la hauteur !

publié le 21 avr. 2013 16:59 par contact@compaillons.eu   [ mis à jour le·29 avr. 2013 05:39 par Administrateur web RFCP ]



 

La construction bois/paille prend de la hauteur

Désormais les constructions bois / isolation paille ne sont plus cantonnées à de faibles hauteurs à l'image de la résidence Jules Ferry construite dans les Vosges. Le bâtiment passif à ossature bois, isolé par de la paille, compte en effet 7 étages !

La construction bois/paille prend de la hauteur

Force est de constater que les filières construction bois / isolation paille se sont professionnalisées ces dernières années. Les procédés de fabrications se sont perfectionnés tandis que les expérimentations ont permis de dépasser les appréhensions, notamment en ce qui concerne la résistance au feu.

Le label Passiv Haus au sommet des 7 étages

La résidence Jules Ferry, située à proximité du centre de ville de Saint Dié des Vosges (88) est conçue autour de 2 bâtiments de conception urbaine et architecturale bioclimatique. Grâce à son enveloppe constituée de panneaux de structure bois massif d'épicéa contrecollé associés à des caissons préfabriqués remplis de paille le coefficient de transmission thermique U des parois est deux fois supérieur à celui exigé par la RT2012. Avec une pompe à chaleur géothermique, une ventilation double flux et des capteurs solaires thermiques, ces bâtiments passifs ont été certifiés PassivHaus (15 kWh/m2).

Baptiste Clarke © Tous droits réservés Actu-Environnement

 Article_Actu_Environnement_Un bâtiment bois/paille de 7 étages


Un reportage vidéo sur cette construction exceptionnelle !

Article la Nouvelle République

publié le 11 avr. 2013 08:18 par Administrateur web RFCP   [ mis à jour : 11 avr. 2013 08:21 ]

Faire de la maison en paille un exemple


D’extérieur, on peut difficilement imaginer qu’il s’agit d’une maison en paille. - LA REP Photo

"D’extérieur, on peut difficilement imaginer qu’il s’agit d’une maison en paille."  le 11/04/2013

Le projet « Feuillette » a pour but de créer des logements participatifs, d’offrir un lieu de formation et de mener des analyses dans la maison.

La plus vieille maison en paille d'Europe est située à Montargis. Elle a été construite par l'ingénieur Émile Feuillette en 1920. Le Réseau français de la construction en paille (RFCP), qui a décidé de l'acquérir (lire ci-dessous), veut en faire un centre national de la construction en paille qui s'articulera autour de trois pôles.

La maison Feuillette en elle-même tout d'abord. Elle s'étale sur une surface de 110 m ² et deux niveaux. Elle est en ossature bois et remplie de bottes de paille. Des travaux de restauration devront y être menés mais ils seront modestes (portes, fenêtres, mise en conformité de l'installation électrique, installation d'une alarme incendie…). Car après 93 ans, elle est « la preuve par l'exemple » que ces constructions s'inscrivent dans la durée, pour reprendre les mots de Manas Melliwa, coordinateur du projet Feuillette.

Accueillir des chantiers-écoles

Le réseau de la construction en paille voudrait y réaliser des relevés en 3D, analyser les consommations de chauffage, implanter des sondes de température dans les parois… qui feront l'objet de rapports d'études. Une autre idée, en parallèle, est d'y installer des chambres d'hôtes.

Le second pôle serait le hangar qui existe déjà. Il date lui aussi de 1920 et est construit sur la même ossature que la maison Feuillette. Une réfection est là aussi nécessaire. Un bâtiment sera construit en dessous. « L'objectif est d'en faire espace de formation et d'information », souligne Manas Melliwa.

Il abritera des bureaux, des maquettes de parois représentant les différentes façons de construire en paille… L'idée est qu'il accueille des chantiers-écoles pour permettre à des stagiaires de se former.

Faire arriver le projet à terme à l'horizon 2016

Enfin, l'association veut profiter de la grandeur de la parcelle pour y construire un nouveau bâtiment constitué de logements participatifs. Toujours sur le principe de la construction en paille. Il comprendrait cinq logements, une buanderie, un local de stockage, de recyclage des déchets mis en commun, un jardin. Le but étant de rendre plus vivant le site et de contribuer à l'équilibre financier du projet sur du long terme.

Le Réseau français de la construction en paille a établi un prévisionnel sur trois ans. Chaque phase prenant une année, l'idée est que le projet arrive à terme en 2016.

Pratique. Pour la souscription en ligne : www.maisonfeuillette.fr ; par chèque : RFCP Liffernet, 46.100 Lunan.

Aurélie Richard
aurelie.richard@centrefrance.com

Article Le Moniteur

publié le 6 nov. 2012 04:36 par Administrateur web RFCP   [ mis à jour : 6 nov. 2012 04:37 ]

Solutions techniques

Comment ça marche : la construction en paille

| 05/11/2012 | 16:14 | Règles et normes

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Construction en paille

Les bottes de paille utilisées dans la construction proviennent de la culture de céréales (blé, triticale, seigle, orge, etc.) hors avoine. La  paille de blé compressée constitue un isolant thermique et phonique performant et régule l’humidité des pièces en assurant la respiration du matériau. Les bottes de paille sont mises en oeuvre comme remplissage des murs extérieurs, intérieurs, des toitures, des combles et des cloisons.

Une double structure en bois poteau-poutre-charpente permet d’insérer les bottes de paille posées sur chant, à plat ou verticalement, en quinconce ou empilées les unes sur les autres de manière jointive, assurant à la fois le rôle de remplissage et d’isolation de la paroi. Les dimensions des bottes sont légèrement supérieures aux dimensions des volumes dans lesquels elles sont insérées, au plus près des ossatures et des parements, de manière à ne laisser aucun jeu. Les vides éventuels de la structure doivent être comblés.

 

Vue d’ensemble d’une construction en paille

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Vue d’ensemble d’une construction en paille

 

 

Terminologie des parties visibles d’une botte de paille

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Terminologie des parties visibles d’une botte de paille

 

Détails et revêtements des murs extérieurs

 

Les revêtements extérieurs sont choisis selon leur niveau de protection aux intempéries et la situation du bâtiment. On distingue, par ordre croissant de protection, les enduits de terre, de terre avec finition à la chaux, de terre stabilisée, de chaux, les bardages et les vêtures.


Détail d’un mur extérieur avec bardage bois

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Détail d’un mur extérieur avec bardage bois

 

Détail d’un mur extérieur avec enduit de finition

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Détail d’un mur extérieur avec enduit de finition

 

Enduits

Les enduits sont mis en oeuvre sur une légère couche de barbotine qui pénètre dans la paille.  L’épaisseur cumulée minimale des enduits appliqués doit être suffisante pour couvrir totalement les fibres de la paille.


Différentes couches d’enduit

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Différentes couches d’enduit

 

Menuiseries

 

Les menuiseries doivent assurer la continuité de l’étanchéité à l’eau, à l’air et minimiser les ponts thermiques. Les appuis et tableaux sont conçus de façon à rejeter vers l’extérieur toutes les eaux reçues ruisselant sur leur surface.


Appui en bois - Finition linteau avec retour enduit

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Appui en bois - Finition linteau avec retour enduit

 

 

Étanchéité en pied de mur

 

La liaison entre le mur et le soubassement comprend une rupture capillaire qui empêche les remontées d’humidité vers les bottes de paille, et un dispositif de protection contre les rejaillissements (garde au sol, larmier).


Exemple de liaison entre soubassement et paroi verticale

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Exemple de liaison entre soubassement et paroi verticale

 

Isolation thermique des toitures et plafonds

 

Les bottes de paille sont disposées entre les éléments porteurs, ou sur ceux-ci entre des raidisseurs qui supportent la couverture.


Exemple de remplissage entre les éléments porteurs

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Exemple de remplissage entre les éléments porteurs

 

 

Mise en oeuvre des angles

 

Des montants en bois disposés en équerre ou des dispositifs équivalents assurent le maintien des bottes d’angle. Les vides sont comblés avec un matériau isolant de caractéristiques proches de celles de la paille.


Principe de disposition de montants et bottes d’angle

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Principe de disposition de montants et bottes d’angle

 

 

Ce document est un extrait du bimestriel  "Complément  Technique", publié par les Editions du Moniteur, qui analyse les principaux textes et normes. Vous pouvez vous le procurer en cliquant ici

 

| Source LE MONITEUR.FR

 

Le siège d’Ecocert s’agrandit "en paille"

publié le 14 juin 2012 06:57 par Administrateur web RFCP


14.06.12

Le siège d’Ecocert s’agrandit avec la construction d’un nouveau bâtiment sur le site de Lamothe à L’Isle Jourdain. Ce chantier, débuté en novembre 2011 pour une livraison en Janvier  2013, a pour objectif de réunir les effectifs du Groupe dans un cadre de travail optimal. 

Le nouveau siège d’Ecocert se structurera autour de 3 bâtiments, reliés par des cheminements et un jardin paysager : le dôme (210 m2), le bâtiment existant (500m2) et le nouveau en cours de construction (2025m² sur 4 niveaux).

Des caractéristiques techniques innovantes

  • L’utilisation de matériaux naturels.

    Le nouveau bâtiment sera l’un des plus hauts et plus grands (en surface) bâtiments en paille d’Europe. La paille est intéressante à plusieurs titres : son coût de construction peu élevé, ses propriétés isolantes exceptionnelles, et sa mise en œuvre nécessitant peu d’énergie. Un niveau est construit en béton et fibre de bois, et trois niveaux en bois et paille, le noyau central sera enduit en terre, et le sol couvert linoléum, matériau naturel à base de lin.
  • Un bâtiment à énergie positive.
     
    Le bâtiment a été étudié pour réduire les consommations d’énergie. L’isolation thermique performante limite les besoins de chaleur et de refroidissement (assurés par géothermie). L’optimisation de l’éclairage, de la ventilation, de l’eau chaude, permet d’atteindre une consommation très faible : 7700€/an pour 140 personnes, soit moins de 55€/personne et par an, Des panneaux photovoltaïques compenseront l’intégralité de la consommation électrique et le bâtiment produira plus d’énergie qu’il n’en consomme.

Grâce à ces propriétés, la construction du bâtiment a bénéficié des subventions du Conseil Régional Midi-Pyrénées, de l’ADEME et de l’Union Européenne, au titre de l’appel à projet « Bâtiment économe de qualité environnementale en Midi-Pyrénées – PRELUDDE » représentant 4% du financement global.

 

Cérémonie du 12 juin 2012 : « Pose de la 1ere botte de paille »



Ce sont plus de 100 personnes, invités protocolaires, journalistes, salariés et direction d’Ecocert, qui ont été réunis le 12 juin lors de la pose symbolique de la 1ère botte de paille. Des visites du chantier en cours ont pu être menées en présence de M. Vidal et M. Malvy, Président du Conseil régional Midi-Pyrénées.

L’inauguration officielle du nouveau bâtiment est prévue au printemps 2013.

 

 

Article Puissance2D

publié le 4 juin 2012 03:16 par Administrateur web RFCP

25/05/2012

La construction paille consolide ses fondations en région Centre

Première région céréalière de France et d’Europe, la région Centre est une véritable opportunité pour les partisans des constructions qui intègrent la paille en tant qu’isolant. Elle se veut d’ailleurs la région pilote. Il existe déjà une centaine de projets aboutis ou en cours, et le conseil régional confirme, par la voix de ses vice-présidents, Marie-Madeleine Mialot et Gilles Deguet, sa volonté de soutenir la structuration de la filière. Le réseau s’emploie à réaliser cette structuration. Un site internet va être ouvert en juillet. Une bonne centaine de personnes son présentes ce vendredi 25 mai à la première journée des rencontres de la construction paille qui se tiennent à l'école d'ingénieurs Polytech Orléans.

Près de 8 millions de tonnes de céréales sont cultivées en région Centre par an. La paille représente environ 42% de ce volume, et l’on considère qu’il faut en moyenne environ 2 tonnes de paille pour contribuer à l’isolation d’une maison. Il y a donc de la ressource pour plusieurs centaines de constructions par an.

Les aides conditionnelles de la Région Centre font émerger des projets d’éco-construction

"Il y a un enjeu économique sur le territoire", met en avant Marie-Madeleine Mialot. "Il vous appartient de le développer et il nous appartient de vous aider". Désormais, les aides de la Région Centre aux entreprises artisanales sont conditionnées à des projets d’éco-construction. Du coup, "nous voyons arriver davantage de dossiers d’éco-construction", rapporte l’élue régionale, députée d’Eure-et-Loir. Et la Région soutient la structuration de la filière. Elle est pilote dans ce domaine.
Gilles Deguet rappelle pour sa part qu’un des enjeux majeurs c’est celui de la limitation des gaz à effet de serre, auquel concourent l’isolation des bâtiments et les économies d’énergie. Il attire l’attention sur le fait qu’il faut s’intéresser à l’énergie grise, c’est-à-dire à l’utilisation de matériaux dont la production a nécessité le moins d’énergie possible, et pas seulement au degré de performance énergétique d’un bâtiment. De plus, les maisons à base de paille sont des puits de carbone, et leur fin de vie ne pose pas de problème.
Les atouts ne manquent pas, et "la construction paille est une construction très technique, qui a bien sa place au 21e siècle, mais à condition qu’il y ait une approche filière", poursuit Gilles Deguet. D’autant qu’il peut y avoir d’énormes opportunités dans la rénovation.
 
La paille offre des performances supérieures aux normes de la RT 2020, assure Dashnor Hoxha,professeur des universités à Polytech Orléans, et directeur du projet de recherche PROMETHE. Avis corroboré par Luc Foissac, administrateur du Réseau français de la construction paille : "On sait faire du bâtiment passif avec de la paille, et on est déjà prêts pour la RT 2020".
 
 
 

Polytech : des formations et des laboratoires de recherche en phase avec le développement durable

La formation fait partie de la structuration de la filière. Et Christophe Léger, directeur de l’école d’ingénieurs Polytech Orléans, qui accueille la 14e édition des Rencontres de la construction paille du 25 au 27 mai, en profite pour attirer l’attention sur deux spécialités directement en relation avec le sujet.
Polytech Orléans propose une spécialité Génie civil, avec une option « construction durable », et une spécialité Intelligence du bâtiment, qui a ouvert à Châteauroux en septembre 2011.
Cette école d’ingénieurs d’Orléans est également impliquée dans trois laboratoires de recherche : le PRISME, le CRMD (matière divisée) et l’ISTO (Institut des sciences de la Terre), "qui conjuguent des compétences sur la caractérisation multi-échelles des matériaux naturels, et leurs comportements".
Il faut ajouter le rôle des collectivités comme la ville d’Orléans, qui encourage aussi l’éco-construction et l’utilisation de matériaux à énergie grise, explique Christophe Mannier, conseiller municipal. Par exemple, les combles de l’école Olympia Cormier ont été isolés avec du chanvre et de la laine de bois.
Le bâtiment PassiLab au lycée Gaudier-Brzeska de Saint-Jean-de-Braye,est une véritable référence. Enfin, Orléans organise ses Journées du développement durable, du 1er au 5 juin.
 
De fait, "’On n’en est plus au stade expérimental ou embryonnaire", souligne Gilles Deguet. Une centaine de constructions, c’est déjà significatif. Des témoignages permettent de prendre conscience de la pertinence et de la performance des montages et des projets, diversifiés, tant pour des bâtiments publics, des logements sociaux, des projets destinés à recevoir du public, que pour des maisons de particuliers...
 
 

TEMOIGNAGES

Architecte et charpentier : une association gagnante
 
Corentin Desmichelle, architecte à Chartres, et Cyril Natali, charpentier à La Fontenelle (Loir-et-Cher), ont commencé un développer une complémentarité efficace depuis qu’ils ont réalisé leur première construction ensemble en 2008.
Ils sont associés sur un chantier qui se termine dans quelques semaines, celui de la mairie du Poislay (Loir-et-Cher), dont la toiture « froide » (horizontale) et les murs sont isolés avec de la paille. Ils présentent d’autres réalisations ou projets : un show room des énergies renouvelables, pour la SARL JPF ; un bâtiment de stockage pour un maraîcher en agriculture biologique à La Riche (Indre-et-Loire) ; un bâtiment pour un autre maraîcher bio, à Montlouis (Indre-et-Loire) ; et un projet de crèche « passive » pour la communauté de communes du Perche (Loir-et-Cher), dont les murs et la toiture seront isolés avec de la paille. »La paille commence à être demandée dans les marchés publics », ce qui est un atout.

Les murs-paille préfabriqués en atelier

Mais le témoignage est intéressant concernant l’organisation : les murs isolés en paille, généralement dans une ossature bois, sont préfabriqués chez Cyril Natali. Le gabarit permet de construire des murs jusqu’à 4m de hauteur. Il faut une bonne demi-heure pour réaliser 1 m² avec la paille compressée. Cette méthode permet de limiter les coûts tout en sécurisant la fabrication. Les fenêtres sont même montées aussi en atelier, « ce qui garantit une parfaite étanchéité à l’air », certifie Cyril Natali.
Le bottelage de la paille est effectué aussi chez le charpentier (environ 16.000 bottes par an) ainsi que le compressage des ballots. »on a beaucoup investi ; on peut envoyer des murs dans toute la France. Ce qui coûte le plus cher, c’est de charger et de décharger ». Un regret : c’est qu’ils ne puissent pas utiliser de bois français, mais du bois étuvé lamellé-collé provenant des pays nordiques.
 Des projets au bénéfice de l’insertion
Tahar Cheref, architecte de l’agence Movista, à Tours, et Vincent Lenoble, responsable technique de Castel-Renaudais-Insertion, une entreprise d’insertion de 35 salariés, apportent la démonstration qu’ "il est possible de construire des logements sociaux pour pas cher, et peu consommateurs en énergie".
Deux exemples : une construction réalisée à Château-Renault, après qu’ils ont remporté un appel à projets régional doté de 120.000 euros. Il a fallu trouver d’autres partenaires pour compléter le montage financier. Au final, l’habitation occupée par un salarié de l’entreprise d’insertion, a été rétrocédée gratuitement à la mairie qui prend en charge une grande partie des frais de fonctionnement.
D’autre part, une maison relais est en cours de construction à Vineuil (Loir-et-Cher) pour le compte de l’association In Medio afin d’héberger des jeunes en insertion. Les murs-paille seront réalisés selon la technique « canadienne » Greb, chère à Jean-Baptiste Thévard,
 

 

Le Réseau ouvre un site Internet en juillet

 
Originaire de Touraine, Philippe Liboureau (à gauche) est fondateur et directeur du Réseau français de la construction paille ; l’Orléanais Jean-Baptiste Thévard, qui a créé l’association Approche Paille, l’a rejoint comme vice-président, en vue de structurer la filière, avec Julie Walton, chargée de mission.
 
Julie Walton, chargée de mission pour le Réseau français de la construction paille, rappelle que la Région Centre est la région pilote. Un site Internet est en cours de préparation. Il doit être mis en service en juillet, et va être testé à l’échelle de la région Centre avant d’être dupliqué dans les autres régions françaises. 
L’association Alter Energies, de Joué-les-Tours, a mené une enquête auprès d’une soixantaine d’acteurs de la filière, notamment sur les modalités de contractualisation. Ce travail constitue les prémices de la structuration de la filière.
Patrice Dézallé.

Les Rencontres de la construction paille continuent samedi et dimanche : www.puissance2d.fr/Construction-paille-rencontres

 

Un démonstrateur de la construction paille en région Centre prévu à Graçay (Cher)

Le Centre des Grands Moulins, à Graçay, dans le Cher, a pour vocation la découverte et la valorisation du développement durable depuis son ouverture en 2006. 

"Après y avoir réalisé un espace pédagogique sur les énergies renouvelables, une maquette au dixième sur l’éco-construction, et une exposition interactive sur les énergies, il semble tout naturel, dans la mesure où il n’existe pas encore de projet similaire en cours, d’y mettre aussi en valeur la paille en tant que matériau associé à la construction et mieux faire connaître son intérêt", explique Guy Janvrot.

Cette mise en valeur va être proposée sous la forme d’un démonstrateur de la construction paille en région Centre, s’articulant autour de six modules successifs installés en série et couverts.

 

 

Une souscription lancée pour acheter la Maison Feuillette, à Montargis

La Maison Feuillette à Montargis, présentée comme "la plus ancienne maison en bottes de paille connue en Europe", est à vendre.

Le Réseau français de la construction paille fait tout son possible pour "mettre la main" d’une façon ou d’une autre sur cette construction emblématique bâtie en 1921, et estimée à environ 250.000 euros.

C’est pourquoi "une souscription mondiale" est lancée auprès du public pour permettre de la sauvegarder.

Sur les 1.500 m² de terrain, il est dans ce cas prévu de construire des bâtiments neufs isolés... avec de la paille, évidemment, évoque Philippe Liboureau, directeur du Réseau.

Avis aux amateurs.

Souscription possible sur le site www.maisonfeuillette.fr


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Article Le Moniteur

publié le 9 déc. 2011 09:40 par Administrateur web RFCP

Paille sur les chantiers : règles, autocontrôles et formations afin de rassurer les assureurs

Eric Leysens | 08/12/2011 | 14:47 | Matériaux

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© DR
Botte de paille

L'édition de règles professionnelles sur la mise en œuvre de la paille et le lancement de formations «Pro paille» permettent aux maîtres d'ouvrage de bâtiments isolés avec des bottes de blé de bénéficier d'un barème d'assurance en «technique courante».

Luc Floissac a coordonné la rédaction de règles professionnelles sur la mise en œuvre de la paille. Le texte précise la méthodologie à suivre pour le remplissage de façade et l'utilisation du matériau naturel comme support d'enduit. "Ces règles professionnelles sont approuvées par la commission prévention produit. De ce fait, l'utilisation de la paille en tant qu'isolant est reconnue comme « une technique courante ». Ce qui permet d'éviter un surcoût d'assurance" explique Luc Floissac.

Autocontrôles

Les règles professionnelles prévoient un autocontrôle. Les compagnons doivent remplir des fiches détaillant la mise en œuvre, complétées de photos prises sur le chantier.  En plus d'être remis au maître d'ouvrage, ces autocontrôles seront collectés par le « Réseau Français de la Construction en Paille ». Ce  dernier les analysera et les communiquera aux assureurs.

Formations « Propaille »

Le « Réseau Français de la Construction en Paille » accompagne la sortie des règles professionnelles de formations. Durant une semaine, des praticiens du bâtiment y apprennent à construire en paille. A la fin de la session, ils sont certifiés « Propaille » et donc habilités à dispenser des formations sur le sujet au sein d'autres organismes.

Avec cette articulation de règles, d'autocontrôles et de formations, le blé tendre a toutes les chances de se trouver de plus en plus présent sur les chantiers.

Pour commander les régles professionnelles, cliquez-ici

Matériaux biosourcés : des végétaux pour bâtir

publié le 9 oct. 2011 18:02 par Administrateur web RFCP



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AGRIA LORRAINE
Un mur en bottes de paille précompressées a résisté à une charge de 4 tonnes.
Un mur en bottes de paille précompressées a résisté à une charge de 4 tonnes.

Forte du succès de sa filière bois, la région Lorraine étudie l'opportunité de développer des productions agricoles dédiées à la construction et à l'isolation. Le projet de recherche Végisole a défriché le potentiel du chanvre, de la paille, du miscanthus et de l'ortie. Un bilan prometteur.

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Le miscanthus pourrait entrer dans la composition de bétons légers pour chapes, enduits, briques...
Le miscanthus pourrait entrer dans la composition de bétons légers pour chapes, enduits, briques...

En cultivant son champ, peut-on récolter une maison ? Le programme Végisole conduit durant deux ans par l'Agria Lorraine, centre d'innovation et de transfert de technologies issu du pôle agroalimentaire régional, semble confirmer cette hypothèse. Présentée fin juin à Epinal (Vosges), la restitution des recherches menées sur le chanvre, la paille, le miscanthus et l'ortie démontre l'intérêt d'une filière agricole régionale dédiée à la construction et à l'isolation. « Les résultats varient en fonction des espèces étudiées, mais les écomatériaux présentent des performances égales ou supérieures aux matériaux classiques et se distinguent en général par un très bon écobilan », indique Marie Barthélémy, responsable du projet Végisole à l'Agria Lorraine.

Le chanvre exploite ses déchets

La filière reste en germe et ne croîtra qu'à la faveur d'un engagement collectif pour sécuriser l'approvisionnement, valider les normes constructives et lancer des chantiers pilotes qui démontreraient in situ les performances de ces nouveaux matériaux. Cofinancé par la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) et le Feder (Fonds européen de développement régional) et labellisé par le pôle Fibres, Végisole a pour l'heure défriché un potentiel insoupçonné et ouvert la voie à une nouvelle génération de matériaux constructifs biosourcés.
Sous-espèce du chanvre qui se caractérise par son absence de propriétés psychotropes, le Cannabis sativa spontanea n'en finit pas de démontrer ses vertus constructives. Utilisable sous forme de laine conditionnée en rouleaux ou en panneaux, le matériau a déjà fait ses preuves en tant qu'isolant de toiture, de plancher ou en isolation verticale, où il présente des performances similaires à celles d'une laine minérale. Végisole a mis en évidence le potentiel de la chènevotte, partie creuse centrale de la plante naguère considérée comme un déchet. Utilisée en vrac comme isolant, la substance se distingue par sa légèreté (110 kg/m3) et sa faible conductivité thermique. En mortier, elle s'utilise en chape isolante ou en isolation de toiture et facilite la restauration des colombages.
Ne demandant ni engrais, ni traitement, la plante se cultive essentiellement dans l'est et le sud-ouest de la France, où se concentrent également les structures de première transformation. L'association Construire en chanvre recense 25 coopératives ou groupes de production sur le plan national. « Les modèles économiques sont très différents. Aux côtés de gros transformateurs, certaines petites structures se développent très bien sur leur marché local », observe Bernard Boyeux, vice-président de l'association Construire en chanvre. La filière associe des laboratoires de recherche-développement, des cimentiers et producteurs de liants, un collège de maîtrise d'œuvre et des entreprises de bâtiment. En Lorraine, où sont cultivés 380 hectares de chanvre, les Chanvriers de l'Est mettront en service en fin d'année une première usine de traitement à Creutzwald (Moselle).

La paille devient porteuse

La France compte environ 1 500 bâtiments en bottes de paille, généralement édifiés par des autoconstructeurs inventifs. Coproduit agricole d'accès aisé, la paille permet de construire à des prix accessibles : environ 115 000 euros pour une maison de 120 m². Les assureurs considèrent désormais son usage en remplissage isolant comme une technique courante. Le programme Végisole aura permis de découvrir ses performances en murs porteurs. Le Critt bois (Centre régional pour l'innovation et le transfert de technologie) d'Epinal a mesuré les propriétés mécaniques de parois de paille porteuses et modélisé le comportement mécanique du couple botte de paille-bois. Préfabriqué en atelier, un mur de 2 mètres linéaires constitué de petites bottes précompressées a démontré une résistance de quatre tonnes et des capacités de contreventement suffisantes pour une construction de plain-pied, voire en R 1.
Isolante ou porteuse, la paille requiert encore néanmoins quelques avancées normatives pour prendre toute sa place dans l'univers du bâtiment. Le réseau français de la construction en paille prépare pour la fin de l'année un référentiel technique, un programme de formation de formateurs ainsi qu'un guide évolutif et non contraignant des bonnes pratiques qui doivent permettre à cette filière courte de s'imposer sur les chantiers. Dans les Vosges, le projet d'habitat groupé Ecolline, en cours d'achèvement à Saint-Dié, constitue un chantier pionnier d'autoconstruction mettant en œuvre des écomatériaux de proximité, dont la paille.
Appelé aussi roseau chinois, le miscanthus prend racine en Lorraine. Le lycée agricole de Courcelles-Chaussy (Moselle) l'étudie depuis près de dix ans. L'université Henri-Poincaré de Nancy a publié une thèse présentant la première modélisation de cette fibre, qui n'a pas encore livré tous ses secrets.

Le miscanthus pourrait faire bloc

Ne demandant ni traitement ni engrais, le miscanthus constitue un combustible intéressant et présente un intérêt certain en écoconstruction. En collaboration avec le Lermab (Laboratoire d'études et de recherche sur le matériau bois) de Nancy, le Critt bois d'Epinal planche sur la formulation de bétons légers utilisés en chape ou en caisson, d'enduits projetés pour la finition et l'isolation des murs, ou encore de briques ou de blocs pour la construction.
L'ortie a donné du fil à retordre aux chercheurs de l'Agria Lorraine et de l'Institut français du textile et de l'habillement. Les tentatives pour réaliser des voiles pare-vapeur en ortie ont échoué, faute d'avoir réussi un défibrage satisfaisant de cette herbacée. Infructueuses, les recherches de Végisole n'ont pourtant pas été vaines. Un potentiel s'est fait jour pour utiliser la plante dans la réhabilitation de sols dégradés. Quant aux feuilles, elles présentent un intérêt cosmétique, culinaire et phytosanitaire.

Pascale Braun | Source LE MONITEUR.FR

un environnement favorable

publié le 24 sept. 2011 12:30 par Administrateur web RFCP   [ mis à jour : 24 sept. 2011 12:35 ]

un environnement favorable / article sur 20mn.fr


La maison en bois est, selon les spécialistes, un bon compromis pour réunir les exigences écologique et économique.

La maison en bois est, selon les spécialistes, un bon compromis pour réunir les exigences écologique et économique.  GILE / SIPA

construction Bois, paille, chaux... Les matériaux écolos gagnent du terrain dans les esprits

C'est un chantier qui ne prend plus de retard. Sous l'impulsion du Grenelle de l'environnement et des nouvelles réglementations (bâtiment basse consommation, réglementation thermique), la construction se transforme à grande vitesse. Si l'attention se concentre sur les économies d'énergie, les matériaux écologiques creusent aussi leur sillon. « Le Comité scientifique et technique du bâtiment (CSTB) vient récemment de certifier la construction bois et paille, ce qui est une avancée majeure », souligne Jean-Claude Mengoni, spécialiste de la maison écologique.
Les isolants d'origine naturelle, qui représentent environ 5 % du marché, connaissent en ce moment un fort développement, remarque le CSTB. Les particuliers sont demandeurs d'habitats plus respectueux de l'environnement et économes en énergie, et la commande publique pousse aussi dans ce sens. « Nous avons signé des conventions avec une soixantaine de collectivités locales qui prescrivent les certifications environnementales », souligne Antoine Desbarrières, directeur de Qualitel, association qui rassemble des acteurs du logement et des organismes certificateurs.

Plus facile qu'il y a dix ans
Cela signifie-t-il qu'il est plus facile désormais de trouver un habitat économe en énergie et sain ? « Les architectes et les constructeurs se forment, les fabricants de matériaux proposent de nouvelles solutions, donc oui, il y a une plus grande capacité à fabriquer de l'habitat de qualité qu'il y a dix ans », confirme Frédéric Denisart, vice-président du Conseil national de l'ordre des architectes. Toutefois, il ne faut pas confondre un habitat sain et peu énergivore avec l'habitat écologique, qui ne devrait utiliser que des matériaux naturels avec un impact très limité sur l'environnement.
La maison en bois est un bon compromis pour réunir les exigences écologiques, économiques et de réalisation à grande échelle. « Elle s'est considérablement développée ces dix dernières années car elle répond aux critères environnementaux, voire écologiques, si on choisit un isolant naturel », souligne Frédéric Denisart. Le particulier peut ainsi donner une impulsion plus ou moins écologique à son habitat.

 coralie donas

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