publié le 9 déc. 2011 09:40 par Administrateur web RFCP
Paille sur les chantiers : règles, autocontrôles et formations afin de rassurer les assureurs
Eric Leysens
| 08/12/2011
| 14:47 | Matériaux   © DR Botte de paille
L'édition
de règles professionnelles sur la mise en œuvre de la paille et le
lancement de formations «Pro paille» permettent aux maîtres d'ouvrage
de bâtiments isolés avec des bottes de blé de bénéficier d'un barème
d'assurance en «technique courante».
Luc
Floissac a coordonné la rédaction de règles professionnelles sur la
mise en œuvre de la paille. Le texte précise la méthodologie à suivre
pour le remplissage de façade et l'utilisation du matériau naturel comme
support d'enduit. "Ces règles professionnelles sont approuvées par la
commission prévention produit. De ce fait, l'utilisation de la paille en
tant qu'isolant est reconnue comme « une technique courante ». Ce qui
permet d'éviter un surcoût d'assurance" explique Luc Floissac. Autocontrôles Les
règles professionnelles prévoient un autocontrôle. Les compagnons
doivent remplir des fiches détaillant la mise en œuvre, complétées de
photos prises sur le chantier. En plus d'être remis au maître
d'ouvrage, ces autocontrôles seront collectés par le « Réseau Français
de la Construction en Paille ». Ce dernier les analysera et les
communiquera aux assureurs. Formations « Propaille » Le
« Réseau Français de la Construction en Paille » accompagne la sortie
des règles professionnelles de formations. Durant une semaine, des
praticiens du bâtiment y apprennent à construire en paille. A la fin de
la session, ils sont certifiés « Propaille » et donc habilités à
dispenser des formations sur le sujet au sein d'autres organismes. Avec
cette articulation de règles, d'autocontrôles et de formations, le blé
tendre a toutes les chances de se trouver de plus en plus présent sur
les chantiers. Pour commander les régles professionnelles, cliquez-ici
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publié le 9 oct. 2011 18:02 par Administrateur web RFCP
  AGRIA LORRAINE Un mur en bottes de paille précompressées a résisté à une charge de 4 tonnes. Un mur en bottes de paille précompressées a résisté à une charge de 4 tonnes.
Forte
du succès de sa filière bois, la région Lorraine étudie l'opportunité
de développer des productions agricoles dédiées à la construction et à
l'isolation. Le projet de recherche Végisole a défriché le potentiel du
chanvre, de la paille, du miscanthus et de l'ortie. Un bilan prometteur.
 AGRIA LORRAINE Le miscanthus pourrait entrer dans la composition de bétons légers pour chapes, enduits, briques... Le miscanthus pourrait entrer dans la composition de bétons légers pour chapes, enduits, briques...
En
cultivant son champ, peut-on récolter une maison ? Le programme
Végisole conduit durant deux ans par l'Agria Lorraine, centre
d'innovation et de transfert de technologies issu du pôle
agroalimentaire régional, semble confirmer cette hypothèse. Présentée
fin juin à Epinal (Vosges), la restitution des recherches menées sur le
chanvre, la paille, le miscanthus et l'ortie démontre l'intérêt d'une
filière agricole régionale dédiée à la construction et à l'isolation. «
Les résultats varient en fonction des espèces étudiées, mais les
écomatériaux présentent des performances égales ou supérieures aux
matériaux classiques et se distinguent en général par un très bon
écobilan », indique Marie Barthélémy, responsable du projet Végisole à
l'Agria Lorraine. Le chanvre exploite ses déchets La
filière reste en germe et ne croîtra qu'à la faveur d'un engagement
collectif pour sécuriser l'approvisionnement, valider les normes
constructives et lancer des chantiers pilotes qui démontreraient in situ
les performances de ces nouveaux matériaux. Cofinancé par la Direccte
(Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la
consommation, du travail et de l'emploi) et le Feder (Fonds européen de
développement régional) et labellisé par le pôle Fibres, Végisole a pour
l'heure défriché un potentiel insoupçonné et ouvert la voie à une
nouvelle génération de matériaux constructifs biosourcés. Sous-espèce
du chanvre qui se caractérise par son absence de propriétés
psychotropes, le Cannabis sativa spontanea n'en finit pas de démontrer
ses vertus constructives. Utilisable sous forme de laine conditionnée en
rouleaux ou en panneaux, le matériau a déjà fait ses preuves en tant
qu'isolant de toiture, de plancher ou en isolation verticale, où il
présente des performances similaires à celles d'une laine minérale.
Végisole a mis en évidence le potentiel de la chènevotte, partie creuse
centrale de la plante naguère considérée comme un déchet. Utilisée en
vrac comme isolant, la substance se distingue par sa légèreté (110 kg/m3)
et sa faible conductivité thermique. En mortier, elle s'utilise en
chape isolante ou en isolation de toiture et facilite la restauration
des colombages. Ne demandant ni engrais, ni traitement, la plante se
cultive essentiellement dans l'est et le sud-ouest de la France, où se
concentrent également les structures de première transformation.
L'association Construire en chanvre recense 25 coopératives ou groupes
de production sur le plan national. « Les modèles économiques sont très
différents. Aux côtés de gros transformateurs, certaines petites
structures se développent très bien sur leur marché local », observe
Bernard Boyeux, vice-président de l'association Construire en chanvre.
La filière associe des laboratoires de recherche-développement, des
cimentiers et producteurs de liants, un collège de maîtrise d'œuvre et
des entreprises de bâtiment. En Lorraine, où sont cultivés 380 hectares
de chanvre, les Chanvriers de l'Est mettront en service en fin d'année
une première usine de traitement à Creutzwald (Moselle). La paille devient porteuse La
France compte environ 1 500 bâtiments en bottes de paille, généralement
édifiés par des autoconstructeurs inventifs. Coproduit agricole d'accès
aisé, la paille permet de construire à des prix accessibles : environ
115 000 euros pour une maison de 120 m². Les assureurs considèrent
désormais son usage en remplissage isolant comme une technique courante.
Le programme Végisole aura permis de découvrir ses performances en murs
porteurs. Le Critt bois (Centre régional pour l'innovation et le
transfert de technologie) d'Epinal a mesuré les propriétés mécaniques de
parois de paille porteuses et modélisé le comportement mécanique du
couple botte de paille-bois. Préfabriqué en atelier, un mur de 2 mètres
linéaires constitué de petites bottes précompressées a démontré une
résistance de quatre tonnes et des capacités de contreventement
suffisantes pour une construction de plain-pied, voire en R 1. Isolante
ou porteuse, la paille requiert encore néanmoins quelques avancées
normatives pour prendre toute sa place dans l'univers du bâtiment. Le
réseau français de la construction en paille prépare pour la fin de
l'année un référentiel technique, un programme de formation de
formateurs ainsi qu'un guide évolutif et non contraignant des bonnes
pratiques qui doivent permettre à cette filière courte de s'imposer sur
les chantiers. Dans les Vosges, le projet d'habitat groupé Ecolline, en
cours d'achèvement à Saint-Dié, constitue un chantier pionnier
d'autoconstruction mettant en œuvre des écomatériaux de proximité, dont
la paille. Appelé aussi roseau chinois, le miscanthus prend racine en
Lorraine. Le lycée agricole de Courcelles-Chaussy (Moselle) l'étudie
depuis près de dix ans. L'université Henri-Poincaré de Nancy a publié
une thèse présentant la première modélisation de cette fibre, qui n'a
pas encore livré tous ses secrets. Le miscanthus pourrait faire bloc Ne
demandant ni traitement ni engrais, le miscanthus constitue un
combustible intéressant et présente un intérêt certain en
écoconstruction. En collaboration avec le Lermab (Laboratoire d'études
et de recherche sur le matériau bois) de Nancy, le Critt bois d'Epinal
planche sur la formulation de bétons légers utilisés en chape ou en
caisson, d'enduits projetés pour la finition et l'isolation des murs, ou
encore de briques ou de blocs pour la construction. L'ortie a donné
du fil à retordre aux chercheurs de l'Agria Lorraine et de l'Institut
français du textile et de l'habillement. Les tentatives pour réaliser
des voiles pare-vapeur en ortie ont échoué, faute d'avoir réussi un
défibrage satisfaisant de cette herbacée. Infructueuses, les recherches
de Végisole n'ont pourtant pas été vaines. Un potentiel s'est fait jour
pour utiliser la plante dans la réhabilitation de sols dégradés. Quant
aux feuilles, elles présentent un intérêt cosmétique, culinaire et
phytosanitaire.
Pascale Braun
| Source LE MONITEUR.FR |
publié le 24 sept. 2011 12:30 par Administrateur web RFCP
[
mis à jour : 24 sept. 2011 12:35
]

La maison en bois est, selon les spécialistes, un bon compromis pour réunir les exigences écologique et économique. GILE / SIPA construction Bois, paille, chaux... Les matériaux écolos gagnent du terrain dans les espritsC'est un chantier qui ne prend plus de retard. Sous l'impulsion du Grenelle de l'environnement et des nouvelles réglementations (bâtiment basse consommation, réglementation thermique), la construction se transforme à grande vitesse. Si l'attention se concentre sur les économies d'énergie, les matériaux écologiques creusent aussi leur sillon. « Le Comité scientifique et technique du bâtiment (CSTB) vient récemment de certifier la construction bois et paille, ce qui est une avancée majeure », souligne Jean-Claude Mengoni, spécialiste de la maison écologique. Les isolants d'origine naturelle, qui représentent environ 5 % du marché, connaissent en ce moment un fort développement, remarque le CSTB. Les particuliers sont demandeurs d'habitats plus respectueux de l'environnement et économes en énergie, et la commande publique pousse aussi dans ce sens. « Nous avons signé des conventions avec une soixantaine de collectivités locales qui prescrivent les certifications environnementales », souligne Antoine Desbarrières, directeur de Qualitel, association qui rassemble des acteurs du logement et des organismes certificateurs. Plus facile qu'il y a dix ans Cela signifie-t-il qu'il est plus facile désormais de trouver un habitat économe en énergie et sain ? « Les architectes et les constructeurs se forment, les fabricants de matériaux proposent de nouvelles solutions, donc oui, il y a une plus grande capacité à fabriquer de l'habitat de qualité qu'il y a dix ans », confirme Frédéric Denisart, vice-président du Conseil national de l'ordre des architectes. Toutefois, il ne faut pas confondre un habitat sain et peu énergivore avec l'habitat écologique, qui ne devrait utiliser que des matériaux naturels avec un impact très limité sur l'environnement. La maison en bois est un bon compromis pour réunir les exigences écologiques, économiques et de réalisation à grande échelle. « Elle s'est considérablement développée ces dix dernières années car elle répond aux critères environnementaux, voire écologiques, si on choisit un isolant naturel », souligne Frédéric Denisart. Le particulier peut ainsi donner une impulsion plus ou moins écologique à son habitat. coralie donas |
publié le 2 sept. 2011 14:28 par philippe LG
POURQUOI
UNE TROISIÈME ÉDITION ?
(160 pages -Juillet 2011) 26€
Afin de réactualiser la
deuxième édition presque devenue désuète, il nous est apparu
nécessaire de produire une nouvelle version, remise à jour, en
couleur, avec des dessins plus lisibles et des textes enrichis au
plus près de l'actualité de la technique du GREB.
En effet, les expérimentations, les stages, les remarques pertinentes des
utilisateurs de la technique et les premiers résultats des tests à
l'ENTPE (École Nationale
des Travaux Publics de l'État) ont montré les limites des
versions précédentes. Tout cela a été intégré dans cette
nouvelle version du livre. Vous trouverez aussi une partie
supplémentaire : « Pour ceux qui veulent aller plus loin ».
De plus, d'autres
informations ont été ajoutées, comme la conception de
l'habitation, les soubassements ou la synthèse des retours
d'expériences des auto-constructeurs.
Par contre, nous avons
conservé l'architecture générale du livre sous forme de « mode
d'emploi » en détaillant progressivement toutes les étapes
de la technique. Source : Compaillons.fr https://sites.google.com/a/compaillons.eu/rfcp-public/boutique/livre-construire-son-habitation-en-paille-selon-la-technique-du-greb
Boutique Compaillons.fr
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publié le 26 août 2011 05:04 par Administrateur web RFCP
[
mis à jour : 26 août 2011 05:09
]
Les prochaines rencontres auront lieu les 11, 12 et 13 Novembre 2011 à Eymoutiers.
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publié le 20 juil. 2011 04:48 par Administrateur web RFCP
La commission prévention produit (C2P) de l’Agence
Qualité Construction (AQC) a validé l'intégralité des règles
professionnelles de construction en paille présentées par le RFCP - Réseau
Français de Construction en Paille. Le périmètre couvert par les règles pro paille
est le suivant :
- remplissage isolant en bottes de paille
- paille en tant que support d'enduit (de terre
crue ou de chaux)
La date d'entrée en vigueur des règles pro paille
est fixée au 1er janvier 2012. Un courrier
officiel envoyé par la C2P début septembre au RFCP sera mis à
disposition des entités désireuses de s'assurer avant la date du 1er
janvier il sera disponible su le site du RFCP www.compaillons.eu)
Par
ailleurs le référentiel de
formation « Pro-paille » accompagne
les règles
professionnelles. Créé et maintenu par le
RFCP, il va être utilisé pour permettre à des formateurs et
aux organismes qui les accueillent de délivrer des contenus pédagogiques
validés et reconnus susceptibles de
s’insérer dans des formations initiales ou continues
de tous niveaux. ( Artisans, CAP,
BEP, écoles d’architecture,
d’ingénieur).
Cette validation des règles pro paille est une
très belle récompense pour un long travail d'équipe mené depuis 4 ans par
une trentaine de personnes. Merci à toutes et à tous, membres du groupe des
règles professionnelles, du CA, aux salariés du RFCP, aux bénévoles et à tous ceux
qui ont beaucoup donné pour que ce projet prenne corps et permette l'essor d’'un
mode constructif respectueux de la vie sur terre. Merci aux adhérents, et à tous nos partenaires
publics, associatifs et privés qui ont participé de près et de loin à ce beau projet qui
envoie un signal fort : nous pouvons désormais construire légalement des projets en
paille, éthiques et responsables. Le travail ne s’arrête pas là, le RFCP poursuit
ses actions dans le dialogue, le respect des différences de vue et le partage des
compétences qui ont permis ces premiers succès.
Comment se procurer les règles professionnelles ?
"Les règles professionnelles de
la construction paille" édité aux "Editions du Moniteur" seront
disponibles dans leur version définitive aux alentours du 10 Novembre au
prix de 32 €.
Pour les plus pressés d'entre vous,
nous avons conclu un accord avec un imprimeur qui vous permettra
d'obtenir une version provisoire avant d'être livré de la version
définitive. La version provisoire + la version définitive vous couteront
65 €.
Vous pouvez les commander ICI
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publié le 29 mars 2011 10:21 par Administrateur web RFCP
La paille n'est plus cantonnée à l'auto-constructionE.L | 22/03/2011 | 16:47 | Matériaux
Pour
isoler des Erp, des logements collectifs ou encore un bâtiment
industriel, en caissons préfabriqués ou bottes simplement ficelées, la
tige des céréales est de plus en plus utilisée. En France, le nombre de
bâtiments construits avec de la paille est estimé entre 2000 et 3000.
Présentation en images de 3 réalisations exemplaires.
ETUDES DE CAS: Cas n° 1/3 Photos © Rigassi  Bâtiment industriel et bureaux (25-30 personnes - stockage 250 tonnes) Année de réalisation : 2010 Localisation : Châtillon-en-Diois (26) Maître d'ouvrage : L'Herbier du Diois (26) Maître d'oeuvre : Vincent Rigassi Architecte (38) rt Gaujard Technologie (84) Entreprises en relation avec la paille : Bernard et Fils (07) SHON : 1815 m² Surface murs isolés en paille : 1319 m² et 1000 m² en toiture Système constructif : Caisson Bois, Charpente douglas lamellé-collé et massif, panneaux ossature bois, panneaux isolants de toitures, solivage traditionnel Type de parement : bardage bois en mélèze
Cas n° 2/3 Photos © HAHA  ERP :Année de réalisation : 2010 Localisation :(25) Vandoncourt Maître d'ouvrage : Agglom. du Pays de Montbéliard Maître d'oeuvre : HAHA architectures (88) Entreprises en relation avec la paille : MV Habitation SHON : 1120 m² Surface murs isolés en paille : murs 580 m² + toiture 640 m² Système constructif : Structure ossature bois, remplissage en bottes de paille Type de parement Extérieur : enduit terre-chaux Intérieur : parement fermacell ou terre crue + enduit terre avec fibres de lin Cas n° 3/3 Photos © DR
Dojo : année de réalisation : 2010 Localisation : (42) Chavanay Maître d'ouvrage : M et Mme Bardot Chavas Maître d'oeuvre : Cédric Hamelin & Catherine Bouffière Entreprises en relation avec la paille : Batinature SHON : 75 m² Surface murs isolés en paille : 140 m² Système constructif : caissons préfabriqués Type de parement : bardage douglas ou enduit terre du site Source :LE MONITEUR.FR |
publié le 29 mars 2011 10:10 par Administrateur web RFCP
Paille : la botte se dote, pour les chantiers, de règles professionnelles bien ficelées Eric Leysens | 25/03/2011 | 15:01 | Matériaux  © DR Botte de paille La
commission Prévention produits de l'Agence qualité construction est en
train d'examiner les règles professionnelles pour l'utilisation en
construction de bottes de paille. La validation qui pourrait arriver à
la fin du printemps marquera une étape importante dans la
professionnalisation et l'assurabilité de la filière paille.
SUR LE MÊME SUJET«
C'est un travail de 4 ans qui a mobilisé, au sein du Réseau Français de
Construction en Paille, des architectes, des chercheurs, des
contrôleurs techniques et des artisans manipulant la paille au quotidien
» précise Luc Floissac, chercheur à l'Ecole nationale supérieure
d'architecture de Toulouse, qui a coordonné la rédaction des règles
professionnelles. Consulté par LeMoniteur.fr, le document qu'examine
l'Agence qualité construction, définit les modalités de mise en œuvre de
la paille en tant qu'isolant et comme support d'enduits. Les règles
professionnelles se sont volontairement limitées à ces deux usages. Si
l'utilisation de la paille en tant qu'élément porteur ne figure pas dans
le document, ce n'est pas que Luc Floissac doute de cet usage. C'est
par prudence vis à vis des mentalités. « Il faut avancer progressivement
pour faire changer le regard sur la paille, l'existence de règles
professionnelles est déjà un grand chamboulement pour le monde du
bâtiment» dit-il. C'est également ce qui, d'après le coordinateur des
règles professionnelles, a motivé le choix de limiter la hauteur du
dernier plancher à 8m. « Cela correspond tout simplement à la hauteur
d'une échelle de pompiers. Ce qui rassure ceux qui croient (à tort) que
la paille en bottes est facilement inflammable» précise-t-il. Un
essai incendie réalisé au CSTB durant l'été 2009 avait déjà permis de
lever « un verrou psychologique » en démontrant qu'une façade en R+2 de
type rideau dont l'ossature et les remplissages sont constitués
essentiellement des matériaux bois et paille satisfaisait le règlement
de sécurité contre l'incendie, relatif aux établissements recevant du
public. Visant à professionnaliser la filière, ce document illustré
se veut pratique et fixe des étapes de contrôle qualité simples à mette
en œuvre sur le chantier par les artisans manipulant la paille. Par
exemple, pour valider l'accroche d'enduit en terre, renforcée avec de la
paille hachée sur un mur constitué de bottes, le document propose de
réaliser des essais en charge sur des échantillons d'une surface de 4x5
cm en leur faisant supporter le poids d'une bouteille d'eau de 2 litres
durant 30 seconde (soit l'équivalent d'une résistance à l'arrachement de
1 tonne par m² d'enduit). S'intéressant également à l'amont du
chantier, le document précise les qualités minimales que doivent
posséder les bottes de paille et les ficelles qui les lient. Pour Luc
Floissac, « les agriculteurs ont l'habitude de respecter les cahiers des
charges de l'agroalimentaire, ils n'auront donc aucun mal avec celui de
la construction». "Une paroi isolée en paille revient au même prix qu'une solution en laine minérale" En
facilitant l'accès aux assurances ces règles professionnelles,
devraient encourager l'utilisation de la paille dans la construction.
Parallèlement, un référentiel de formation est en cours d'établissement
et devrait aboutir à l'ouverture des premières formations cet automne. La
filière se professionnalise et offre un visage rassurant aux acteurs de
la construction, mais le matériau paille a-t-il de quoi séduire ? «Une
paroi isolée avec de la paille revient au même prix qu'une solution
conventionnelle aboutissant au même niveau d'isolation», Luc Floissac se
veut honnête et ne pas exagérer les vertus de la tige des céréales pour
le monde de la construction. Avec un lambda (conductivité thermique)
fixé officiellement à 0,065, il faut 45cm de paille pour obtenir un R
proche de 7 (recommandation formulée par le Passivhaus institut allemand
pour la réalisation d'un bâtiment passif), alors que moins de 30 cm
d'un isolant en laine minérale suffisent. Cependant, Luc Floissac fait
remarquer que la botte de paille permet de se passer d'un mur porteur de
20 cm. Néanmoins, là où la paille devance certainement tous ses
concurrents, c'est sur le plan environnemental. Filière renouvelable,
sèche et locale, ne nécessitant qu'un conditionnement très rudimentaire,
la paille comme matériau de construction présente certainement l' «
énergie grise » la plus faible de tous les isolants. Des fiches de
déclaration environnementale et sanitaire (Fdes) pour les façades en
paille sont en préparation. Quand on demande à Luc Floissac comment
se prémunir des rongeurs, il répond, habitué à la question, qu' « il est
plus dur de creuser dans la paille que dans beaucoup d'autres isolants »
et qu' « aux Etats-Unis des tests ont montré que les termites préfèrent
les cadres des menuiseries et les portes à la paille ». Un essai sur
l'appétence vis-à-vis des termites, réalisé au printemps 2010 par
l'institut technologique Forêt Cellulose Bois-construction Ameublement
(FCBA) de Bordeaux, concluait « les termites sont capables de se nourrir
de paille, mais cet aliment est insuffisant du point de vue nutritif
pour permettre à un groupe de termites de survivre ». Aujourd'hui,
on trouve de la paille dans des façades d'ERP, de bureaux et même de
site industriel. Néanmoins le chemin est encore long pour que la tige de
céréale passe d'une image de déchet agricole à celui de matériau de
construction. La filière doit encore rassurer, prendre le temps de se
structurer et pénétrer tranquillement le monde du bâtiment. FOCUSCARACTERISTIQUES TECHNIQUES DE LA BOTTE DE PAILLE Conductivité thermique prise en compte pour RT 2012 : Pour
une masse volumique comprise entre 80 et 120 kg / m3 (la masse
volumique varie peu d'une céréale à l'autre), Lambda = 0,052 W/(m.K)
perpendiculairement au sens de la fibre Diffusion de la vapeur d'eau : 2
Essai feu par le FCBA : Euroclasse feu de la paille enduite de 8 mm de terre : B-s1,d0 B : Produit combustible dont la contribution au "flashover" est très limitée s1 : Faible production de fumées d0 : Absence de gouttelettes et de débris enflammés
Source :
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publié le 25 mars 2011 16:29 par Administrateur web RFCP
[
mis à jour : 25 mars 2011 16:35
]
Isolation en paille : la filière se professionnalise
Comme tous les matériaux
innovants, la paille utilisée comme isolant fait face à des difficultés
d’obtention d’assurances. Une situation que la filière dépasse en
rédigeant des règles professionnelles et en engageant une démarche de
certification
(© Olivier Tuffé)
Avec 2.000 à 3.000
bâtiments isolés avec des bottes de paille, le marché français est de
loin le premier en Europe. Un marché qui reste cependant limité, alors
que le matériau s'adapte aussi bien aux maisons particulières qu'aux
bâtiments industriels, à l'image des locaux à énergie positive de l'entreprise l'Herbier de Diois (Drome).
De même le matériau offre une bonne durabilité comme le prouve la
maison Feuillette, la plus ancienne maison isolée en paille et
construite à Montargis (Loiret) en 1921.
Quant au potentiel de développement de la filière, il n'est pas
contraint par la disponibilité du matériau. En effet, en 2005
l'agriculture française a produit environ 50 millions de tonnes de
paille et si tous les bâtiments neufs étaient isolés en paille, le
Réseau français de construction paille (RFCP) estime que 5 millions de
tonnes suffiraient. "La ressource est abondante et son usage comme isolant n'entraîne pas de conflit d'usage", explique Philippe Liboureau, délégué national et référent technique du RFCP, ajoutant que "le marché est avant tout régional et suscite un réel intérêt dans les régions céréalières comme la Beauce."
Faciliter l'assurabilité des constructions en paille
Reste que le développement des filières innovantes est délicat. En
particulier, l'obtention d'une assurance décennale est l'un des points
les plus problématiques car les assureurs exigent habituellement des
garanties quant aux matériaux utilisés et à leur mise en œuvre. En
général, trois procédures de normalisation, gérées par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), permettent de recourir à un large panel de matériaux.
Pour un matériau relativement courant, un document technique unifié
(DTU) rassemble les informations relatives à ses caractéristiques et à
sa bonne mise en œuvre. Autre possibilité, utiliser des produits ayant
fait l'objet d'un avis technique qui présente les règles de mise en
œuvre des matériaux ou techniques innovants qui ne sont pas encore
prises en compte par les DTU. Enfin, si le produit est particulièrement
innovant il est possible de recourir à une Appréciation technique
d'expérimentation (ATEx) et qui permet une utilisation expérimentale sur
un nombre limité de construction.
Si les matériaux ne bénéficient pas d'une certification, comme c'est
le cas pour les bottes de paille, une dernière possibilité existe
lorsque la filière est organisée et développe des règles
professionnelles. Une fois validées par Commission prévention produit
(C2P) de l'Agence qualité construction, le respect des règles
professionnelles offre une garantie similaire au DUT.
Des règles professionnelles calquées sur les DTU
Le RFCP a retenu cette dernière démarche et l'a présentée à l'occasion du salon Ecobat qui s'est tenu à Paris, début mars. "La rédaction de nos règles est inspirée par les documents officiels des DTU", explique Luc Floissac, Chercheur à l'école nationale supérieure d'architecture de Toulouse et membre du RFCP, précisant que "l'objectif est de faire en sorte que la paille soit considérée comme du bois." La rédaction du document est maintenant achevée et il a été soumis le 8 février 2011 à la C2P.
Comme pour les DTU, les règles professionnelles de la filière paille
présentent donc les références normatives, le domaine d'utilisation et
les conditions spécifiques. Elles concernent l'ensemble des bâtiments
dont le dernier plancher ne dépasse pas huit mètres de hauteur par
rapport au sol. "Cette limite est avant tout psychologique,
techniquement rien n'empêche de faire des bâtiments plus hauts puisque
la paille est un isolant et ne supporte pas de contraintes", explique Luc Floissac, ajoutant que "ce n'est qu'un niveau courant qui correspond à la taille standard d'une grande échelle de pompier."
Un matériau reconnu par la RT 2012
De même, des tests ont été réalisés par l'Institut technologique
forêt, cellulose, bois-construction et ameublement (FCBA), en
particulier s'agissant de la résistance au feu et aux termites. "Les rongeurs, les parasites et les termites sont parfois un sujet d'inquiétude ", regrette Luc Floissac. Cependant, "les
tests sont particulièrement rassurants : les termites peuvent percer
l'ossature en bois, mais la paille n'est pas assez nourrissante pour
elles !" explique le chercheur ajoutant que "de ce point de vue, la paille n'est qu'un isolant fibré comme les autres."
Quant à la qualité de l'air intérieur des bâtiments, un sujet d'inquiétude croissant, les membres du RFCP se veulent rassurants. Pour Philippe Liboureau, "si
la paille est à l'origine d'émanations de produits toxiques, il faut
alors sérieusement s'inquiéter du contenu de nos assiettes et interdire
l'agriculture conventionnelle."
Enfin, cette certification s'est avérée particulièrement utile
puisqu'elle a abouti à la prise en compte de la paille comme isolant
thermique dans le cadre de la réglementation thermique 2012 (RT 2012). Un point important pour Luc Floissac qui estime qu'"avec
une épaisseur de 37 cm en moyenne dictée par la taille des bottes de
paille, les constructions en ossature bois ne sont pas forcément
pénalisées par rapport à d'autres matériaux."
Philippe Collet lien vers l'article
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publié le 12 mars 2011 06:10 par Administrateur web RFCP
RENCONTRES EUROPÉENNES
Pour
participer, en tant que représentant de la construction paille en
France, aux rencontres européennes qui auront lieu du 23 au 27 aout
2011 en république tchèque, vous pouvez prendre contact avec Richard
Lacortiglia : mail . Il est impératif de parler l'Anglais.
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